Si vous êtes une adepte du maquillage, vous avez très probablement regardé un tuto sur internet et tenté de reproduire ce que la belle blogueuse vous démontre fièrement.
Mais « Ô rage ! Ô désespoir ! », la réalité a dépassé les frontières de la science-fiction : si vous espériez un look à la Beyoncé, vous avez plutôt l’air d’un Jay-Z au bord de l’apoplexie !
Pour vous éviter cet écueil, je vais vous expliquer le comment du pourquoi et vous donner les clefs d’un maquillage réussi !

Rétablissons des vérités

Si vous avez raté votre maquillage, c’est tout simplement parce que la blogueuse vous explique comment ELLE se maquille : « il faut faire comme ça parce que ça me va bien ! »
Si en effet cela lui va bien, il n’en est pas de même pour vous.
Tout repose sur la morphologie. Et savoir l’adapter sur son propre visage est loin d’être chose aisée.
Le contouring, puisque c’est de cela qu’il s’agit, est une technique de maquillage professionnelle jouant sur des effets d’ombre et de lumière afin de mettre en valeur les atouts d’un visage mais aussi d’en corriger les défauts.

Elle a été remise au goût du jour par la célébrité de télé-réalité Kim Kardashian ou plus exactement par son maquilleur, Scott Barnes. Reprise par les blogueuses beauté du monde entier, le contouring est la technique numéro un du moment.
Mais cette technique n’est pas nouvelle. À l’origine, elle était utilisée pour les maquillages de cabaret mais aussi par les stars hollywoodiennes des années 50 telles que Sophia Loren et surtout Marilyn Monroe qui en étaient très friandes.
Aujourd’hui encore, on l’utilise dans la création de maquillages pour des spectacles dits de transformisme dans le but de métamorphoser une personne en une autre.

Kevyn Aucoin, célèbre maquilleur dans les années 90, s’est beaucoup amusé à transformer des stars en d’autres en utilisant cette technique.
Isabella Rossellini fut l’une de ces personnalités à être passée entre ses mains.

Barbra Streisand
dans Funny Girl
de William Wyler, 1968

Isabella Rossellini,
New York City, 1997
Maquillage, coiffure et
pho
tographie par Kevyn Aucoin

« Ma métamorphose fut étonnamment rapide. En général, il faut deux ou trois heures de maquillage et de coiffure avant une prise de vue ; cette fois-là, il avait suffit d’une demi-heure. La ressemblance n’était pas évidente quand je me suis regardée dans la glace ; mais de profil, Barbra et moi sommes très semblables. « As-tu toujours pensé que je ressemblais à Streisand ? » ai-je demandé à Kevyn. « Absolument, a-t-il répondu, il y a le nez. C’est le NEZ qui fait Barbra et toi c’est pareil. » »

Extrait de Looking at me, Isabella Rossellini en textes et en images – Aux Éditions du Collectionneur, 2002

Le mot clef : légèreté

Plutôt que de contouring, j’aime mieux utiliser le terme de morpho-maquillage puisqu’il s’agit de jouer sur la morphologie d’un visage.
Toutefois, cette technique reste difficile à maîtriser si on n’a pas le bon matériel et surtout, il est inutile de rajouter des couches et des couches et des couches. Si cela rend bien dans l’immédiat, sur la longueur, l’effet peut se révéler désastreux et donner une impression de masque.
On peut parfaitement utiliser les bases du morpho-maquillage sans en utiliser des tonnes : cela rendra un effet beaucoup plus frais et naturel.

La technique

L’astuce consiste à jouer sur deux tonalités de fond-de-teint : un clair et un plus foncé. Le clair apportera de la lumière et du gonflant afin de rehausser une pommette par exemple, tandis que le foncé sera appliqué sur des zones plus ciblées dans le but d’affiner un nez, de creuser  une joue ou encore de réduire un front.
Si les correcteurs vous semblent indispensables, utilisez-les avec parcimonie.Préférez un anti-cerne moins épais et au rendu plus léger.
Pour le poudrage, choisissez plutôt une poudre libre appliquée avec un gros pinceau. Vous pouvez également utiliser une poudre pressée mais, au même titre que les fonds-de-teint, jouez sur les deux tons, le clair et le foncé, afin de ne pas dénaturer l’ensemble de votre maquillage.

De manière générale, l’astuce consiste à jouer subtilement avec les ombres et les lumières afin de ne pas en « faire trop ». Il est inutile de choisir des teintes trop contrastées par rapport à votre couleur de peau pour garder un effet naturel.
Si vous êtes adepte
du highlighter (enlumineur en Français !), utilisez-le par petites touches car il peut mal vieillir à la longue si vous en mettez trop et vous donner « grise mine ».
Le blush doit être appliqué sur le gonflant des joues afin de donner un effet « bonne mine ».
Les maîtres-mots sont : légèreté et subtilité !

Vous l’aurez compris, le teint est un élément à ne surtout pas négliger dans un maquillage.
En anglais, fond-de-teint se dit « foundation » que l’on peut aussi traduire en Français par fondation. Le terme parle de lui-même.
Si vous n’avez pas réussi le smoky tant espéré sur vos yeux, mais que votre teint est beau et lumineux, alors votre maquillage semblera parfait. A contrario, si vous avez réussi à bien mettre en valeur votre regard mais que votre teint est bâclé, alors votre maquillage paraîtra terne et sans relief.

Face Forward de Kevyn Aucoin – Aux Éditions Little, Brown and Company, 1999

Looking at me, Isabella Rossellini en textes et en images – Aux Éditions du Collectionneur, 2002