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L’ouest cubain, avec amour

Itinéraire : La Havane, Santa Clara, Cienfuegos, Vinales

Cuba est unique. Cuba nous pousse dans nos retranchements. Comment, nous, européens habitués, pour la plupart à avoir tout, tout de suite, pouvons-nous aborder un tel pays, resté figé quelque part, dans les années 50 ?

C’est en partie en cela, que réside pourtant, la magie de cette île, parfois mystique, à laquelle nous devons souhaiter l’ouverture tant attendue à la fin de l’embargo pour qu’elle bénéficie réellement d’une avancée sur le monde.

Nombre d’entre nous ne se sont jamais vraiment penchés sur l’histoire cubaine et ne se sont jamais demandé comment les gens y vivaient ou encore ce qu’est le communisme (castrisme, ce régime totalitariste instauré par Fidel Castro à Cuba) ou ce qu’il n’est pas :  idéologie, utopie ou vrai combat… ?

Pour les cubains, l’embargo et ses répercussions, ont engendré ici, une façon de vivre, de se débrouiller, de lutter, qui est propre à cette île. A vrai dire, se « débrouiller » est un euphémisme ; sans doute est-il plus juste de parler de survie.

Peuple fier malgré l’oppression, adorable, plein de valeurs, si sa musique et la salsa qu’il danse à tous les coins de rues mettent  des sourires dans ses yeux et dans son cœur, il a peu de perspectives d’avenir. La vie des cubains se conçoit souvent au jour le jour.

Tu nés à Cuba, tu meurs à Cuba.

L’architecture est le témoin immobile de ce temps qui s’est arrêté et de cette révolution.. Peu de moyens modernes pour réaliser des constructions qui le soient également, font, qu’à la Havane, la majorité des batiments sont la marque d’une époque ; les  façades sont d’authentiques témoignages de la période avant l’embargo : colorées, délavées par le temps, elles reflètent la gradeur du passé.

A l’intérieur, la décoration des appartement est souvent kitch : couleurs vives, fleurs artificielles, les photos de famille dans leurs cadres flashy ornent les murs et les dessus de meubles sur des napperons au crochet, et parmi un mobilier désuet et vintage, un ou deux fauteuils à bascule (ça c’est le pied !), et parfois, depuis l’étagère sur laquelle elles trônent, quelques poupées en celluloïde présentant la Santeria (la religion cubaine), vous observent de leur regard fixe.

Ici, pas de verrou : les portes des maisons restent ouvertes. De la grand-mère aux petits enfants, les cubains vivent en famille dans une transgénérationnalité qui confère à leur  foyer une chaleur particulière, empreinte d’amour et de respect, cependant, le niveau de vie de ces familles nombreuses est très bas… mais chacun à la Havane a appris de ces années de privation, à vivre dans la restriction et semble trouver ailleurs que dans les biens matériels ce qui lui est indispensable à son bonheur.

Dans la capitale, les ainés qui ont combattu pour la révolution, sont pour beaucoup, oubliés et s’entassent dans une petite pièce au coin de la rue. C’est un témoignage déchirant.

Que serait Cuba sans les vieilles voitures américaines des années 50 qui, font littéralement partie de ce décor cubain, non seulement à la Havane, mais dans toute l’île. En plus ou moins bon état, elles roulent néanmoins comme au premier jour, grâce à l’ingéniosité et au savoir faire de ceux qui, plein de ressources, s’improvisent d’excellents mécaniciens. Les pièces s’achètent, s’échangent, se bricolent, se réparent : tous les moyens sont bons. Les taxis se transmettent, tels des poules aux œufs d’or, de générations en générations, depuis les années 50.

En s’assayant sur la banquette arrière de l’un de ces taxis, il est troublant d’imaginer combien de personnes sont montées à bord au cours de ces 6 dernières décennies… S’il semble incroyable de croiser autant de Chevrolet, de Pontiac, Playmouth, Old Mobile, Mercury, mais plus que leurs formes imposantes, c’est surtout au manque de sobriété de la large palette de leurs couleurs flashy allant du rose au bleu, du vert au  rouge en passant par le orange ou des pastels dignes du catalogue de layette pour bébés et l’improbable jaune vif à damier qui habille les Coco Taxi qui évoquent les touc-touc asiatiques. Ressemblant à des œufs, il s’agit en fait de petits scooters couverts par une carlingue jaune qui peuvent accueillir deux ou trois passagers à la fois

Lorsqu’on se rend à Cuba, autant faire travailler au maximum le commerce local pour contribuer à améliorer l’ordinaire ce ceux qui, ne connaissent pas la mendicité :  en effet, sans doute par dignité, les cubains ne quémandent pas directement mais proposent leurs services en échange d’un peu d’argent. Comme partout, les grosses compagnies de l’état, hôtels de luxe, restaurants sont très présents et il est difficile d’y échapper mais j’aurais plaisir à donner conseils et astuces à ceux d’entre vous qui, lors de leur prochain séjour, souhaiteront consommer de façon plus profitable aux cubains.

L’insécurité est minime à Cuba, la police est néanmoins très présente aussi, arriver à la Havane tard le soir n’est pas vraiment un problème. A peine arrivée sur le tarmac, j’ai juste la sensation étrange de me couper du monde moderne, un retour dans un passé colororisé et anachronique s’offre à moi…

Le bonheur et la nostalgie étroitement mêlés.

Le survol de nuit avant d’atterrir permet de remarquer que l’île est assez peu éclairée, même pour sa capitale, la Havane. Avec des températures annuelles comprises entre 20 et 34° et 78% d’humidité, plus l’air est chaud plus il est lourd et humide. Ce peut être oppressant.

En traversant la Havane, on s’immerge rapidement dans  cette atmosphère chaude et bouillonnante, ça grouille, les gens traînent, écoutent de la musique, dansent, fond du stop sur le bord de la route : à Cuba, les transports en commun sont un enfer et le stop y est monnaie courante.

Pour découvrir la Havane et ses 728 km2, commencez par vous balader dans les rues, découvrir Habana Vieja, Centro Habana et le Vedado, à travers les vieilles pierres, les voitures colorés et ses 2 144 500 habitants. Familiarisez-vous. Laissez la Havane vous happer,… apprivoisez-la. Flanez dans ses petites boutiques. Arrêtez-vous par-ci ou par-là, déguster le Congri national, Moros y Cristianos, des Frijoles dormantes, du Poulet à la criolla, ou du Porc asado ou, boire un verre ou un café parfumé dans un bar dans la calle Obispo, dans laquelle se presse une foule bigarée et bruyante dans laquelle se mêlent locaux et touristes sur fond de salsa. Souvent, il est hasardeux de déjeuner dans des axes touristiques mais là, pas de  déception.

Etape incontournable, le Malecon. Le bord de mer : c’est le lieu où tous les cubains se rencontrent. Magique comme endroit, surtout le soir. Ca vit, ça bouge beaucoup et c’est autant pour les jeunes, qui veulent écouter de la musique et danser la salsa que pour faire une balade en amoureux. Ici la salsa est omniprésente, dans les rues, les restaurants elle fait partie de la vie de chacun. Il est utile de prévoir quelques pesos dans les établissements où vous vous arrêterez car le groupe qui s’y produit est payé par ce que son public de fortune lui donne à la fin du concert ; plus qu’un encouragement, c’est ce qui permet de faire vivre ces artistes pleins de vigueur et de  talent.

Autre particularité alors que vous arpentez le Malecon pour y boire un café, une bière ou fumer un cigare, Miami et les Bahamas se trouvent à 200 km, juste en face ; 1h à 1h15 de vol séparent les cubains du rêve américain et, de ce que pourrait être leur vie là bas… loin des privations.

Un avant goût que l’on pourrait avoir dans ces rêves d’ailleurs, se fait en faisant une halte à l’hôtel National***** fondé en 1930 et classé héritage culturel du monde par l’Unesco. Une splendeur du passé à visiter.

On dit ici que vous pourriez croiser dans les couloirs ou au restaurant, les fantômes de Franck Sinatra, Ava Garner, Hernest Hemingway ou encore Marlon Brando qui venaient y séjourner avant la Révolution. Le mobilier, très vintage de cet hôtel, vous plongera dans l’atmosphère de l’avant révolution, offrant depuis les terrasses du 8 éme étage, une superbe vue sur et les jardins et le Malecon.

Autre pôle touristique culturel, la Plaza della revolucion : en vous y arrêtant, vous pouvez voir sur les façades,  les deux portraits du Che et de Fidel Castro, ainsi que le mémorial José Marti haut de ses 109 métres qui permet une vue panoramique imprenable,  et Le Musée de la Révolution  créé en 1959  situé dans l’ancien palais présidentiel construit en 1913 .

Prévoyez d’emporter de l’eau avec vous car, dépourvue d’ombre, cette place, étouffante et très peu ventilée est un véritable  barbecue …

S’il arrive que la  Havane vous oppresse au bout d’un moment, histoire de vous échapper de son ambiance suffocante, Il est temps de prendre un taxi collectif au Parque Central pour vous rendre à la plage de Santa Maria : 30 minutes suffises pour prendre une vraie bouffée d’air marin en foulant le sable blanc de cette plage de rêve que baignent des eaux turquoises et limpides ; les locaux ne s’y trompent pas et en ont fait leur lieu fétiche. Vous y rendre en taxi vous coûtera environ 5 euros pour un trajet d’une vingtaine de minutes.

De la visite de la Cathédrale San Cristobal, celle de la grande place, du musée national des beaux arts ou du cimetière Christophe Colon, la capitale offre de multiples autres centres d’intérêt auxquels vient s’ajouter l’attrait de faire le tour de la ville dans des vieilles voitures dont nous parlions tout à l’heure ; vous ne conduirez pas, faut pas rêver, mais cela fait vraiment partie intégrante des plaisirs liés à la découverte de Cuba… La liste en est longue, et vous seul savez ce pour quoi, vous êtes venu ici.

Si vous êtes couche tard, trouvez l’énergie de vous promener dans la Havane vers 6h, quand elle s’éveille, les lumières y sont incroyablement belles.

Où dormir ?

Casa Humberto, Habana Vieja.

Les chambres sont spacieuses, la nourriture est juste magique, je vous conseille d’y manger le matin et le soir, et vous profiterez d’un rooftop (vue panaramique depuis le toit)

Casa Odetta, Centro Habana Très authentique ! Une famille au grand cœur qui loue une chambre, un accueil hors du commun dans un quartier peu touristique.

Voici un lien pour réserver vos casas, vous avez la réponse en 24H et vous payez directement sur place : www.casaparticularcuba.org

Où manger ?

Restaurant Marques de Prado Ameno. Ne venez pas ici pour la carte mais pour le cadre verdoyant d’un petit jardin, et pour ses musiciens.

Café Europa. Chaleureux, convivial et une fois encore de la musique pour vous accompagner.

Donde Lis. Aucune façade qui indique son existance ; il vous faudra monter quelques marches étroites avant d’arriver au restaurant et… à son rooftop ! Si vous ne trouvez pas demandez aux rabatteurs dans la rue principale juste à côté.

Et… boire un Daiquiri à la Floridita bien entendu (C’est là qu’ Hemingway passait le plus clair de son temps)

La prochaine étape de mon road trip est Santa Clara, ville clef de la Révolution, juste pour une nuit c’est suffisant. Pour se déplacer ici, louer une voiture est quelque peu onéreux. Les routes sont en assez mauvais état, pas éclairées sans signalisation. En somme, que la chance soit avec vous !

Par sécurité, j’ai réservé mon circuit en bus avec la compagnie Nationale, Viazul. Je vous la déconseille !!! Cette compagnie manque d’efficacité, pas arrangeante,  climatisation trop forte et un contact  peu agréable. Si néanmoins, vous aimez que tout soit organisé à l’avance et que vous souhaitiez tout de même voyager avec eux, réservez bien en avance, c’est vite complet.

Pour un tarif similaire ou inférieur, vous avez davantage intérêt à voyager en taxi collectif avec qui les choses sont très différentes, l’authenticité en plus… Ils sont généralement placés à la sortie des gares ce qui vous permettra, non seulement, de faire vivre les locaux, mais également, d’obtenir quelques astuces et, éventuellement, de rencontrer d’autres touristes, ce qui peut être sympa.

Donc Santa Clara nous voilà. Ville jeune et dynamique mais pas grand-chose à visiter à part le mausolée et le musée du Che, où il repose avec une partie de son armée. Cette visite vaut vraiment le détour, et permet de comprendre les différentes étapes de la révolution, des alliances, de Cuba et de l’après Cuba pour Che Guevara.

Où dormir ?

Casa Jover. Petit jardin d’Eden avec une piscine ; La langouste y est succulante !

Direction Cienfuegos. Une étape repos chez une famille extraordinaire ; n’hésitez pas à prendre vos repas le plus souvent possible en casa d’autant que dans cette famille, Esperanza, a l’art de s’occuper de ses invités. Ses recommandations permettent de trouver tout ce dont vous pouvez avoir besoin : taxi, pousse-pousse à vélo, (très répandu ici pour les courts trajets). Ce qu’il est possible de faire à Cienfuegos n’a aucun secret pour elle. Cienfuegos est vraiment très agréable, on y respire. Comme à la Havane, un petit « Malecon » permet que les gens se retrouvent le soir. L’agréable centre ville fourmille  de galeries d’artistes un peu partout vous permettant de papoter avec des peintres et, éventuellement, d’acheter une petite toile. La galerie d’Irving Torres, peintre talentueux, mérite vraiment que vous preniez le temps de vous y arréter. Poursuivez votre balade dans les quartiers résidentiels, plus huppés à l’ouest de la ville : le décor y est radicalement différent de celui de la Havane.

Si les cubains vous conseillent d’aller à la plage de Rancho Luna, oubliez cette idée…C’est une sorte de décharge à ciel ouvert sur laquelle il n’est pas rare de se prendre les jambes dans un sac poubelle ou pire, de s’ouvrir le pied sur le culot d’une canette. Ici, malheureusement, l’écologie est loin d’être la priorité et les cubains ne jettent rien dans les poubelles, qui de toutes façons, ne sont pas ramassées.  Les détritus jonchent le sol et donc, sur cette plage, le sable. Les déchets des usines n’échappent pas à cette règle et atterrissent dans la mer. Un grand effort est à fournir à ce niveau… (Mais que fait le G 20 ?) Allez plutôt flâner en ville et vous vous rattraperez à la prochaine étape.

Où dormir ?

Casa Esperanza. A deux pas du front de mer, une maison très agréable avec une famille plus que géniale, et surtout… surtout… Piscine et jacuzzi!

Et enfin, Vinales

Là où je pensais être en pleine nature, au calme et avec des autochtones, je me retrouve en pleine ville, certes excentrée au cœur des montagnes mais ça grouille de touristes. Première fois de mon séjour que j’en croise autant, sûrement parce que la ville est petite et tout y est plus concentré.

Mis à part ça, Vinales vaut vraiment le coup d’œil. Malgré la densité humaine, la ville reste très sauvage et authentique,  avec une multitude de choses à faire. Randonnée à pied, promenade à l’intérieur et à l’extérieur de la ville avec de superbes points de vues sur la vallée et les Mogotes, Cayo Juitas… le tout à moins d’une heure de route … Possible aussi d’effectuer une balade à cheval justement. (Fabuleuse expérience).

Que vous demandiez directement à votre casa qu’on vous réserve une sortie ou encore, que vous préfériez vous aventurer autour de la ville à la rencontrer de familles de paysans qui vous proposeront eux-même, une balade, vous pourrez choisir parmi de nombreux parcours de durées différentes, en compagnie d’un guide pour environ 5 pesos par heure et par personne.

Le circuit entre les chemins, au pied de la vallée, inclut la  visite des récoltes de tabac. Selon vos goûts, vous pouvez acheter votre tabac ou même, faire une pause pour fumer un de leur célébre « barreau de chaise », visiter une torréfaction de café ou même, descendre un peu plus profond dans les entrailles de la terre, au cœur des grottes Cuevas de Santo Tomas. Tout ça pour dire que cette excursion est IN-DIS-PEN-SA-BLE à votre séjour. Je vous la conseille plutôt le matin car l’après midi, la chaleur est insoutenable. En effet, Vinales est humide, le climat y est ultra tropical, souvent étouffant avec très peu d’air. Attention aux mygales, vérifiez bien vos sacs, chaussures, derrière les meubles, sous et dans le lit… Un conseil que je vous invite à ne pas négliger avant de remballer vos affaires…

Pour respirer un peu hors de cette fournaise, une journée détente à Cayo Juitas m’a semblé toute indiquée : selon où vous vous trouvez sur l’île, il y a de nombreuses Cayo à proximité. Cayo Jutías est une petite île cubaine de l’archipel des Colorados. Elle est située dans le golfe du Mexique, à l’extrémité occidentale du pays, et rattachée administrativement à la municipalité. Honnêtement, après tous les nombreux voyages que j’ai pu faire, j’ai rarement vu un endroit aussi magnifique ; l’eau limpide turquoise est presque chaude. Le sable fin est d’un blanc immaculé. Ici, la plage est bien entretenue. Un véritable paradis.

Vous pouvez prendre un taxi collectif pour y aller, le plus simple est d’acheter un ticket dans une des agences de voyages du centre ville (environ 15 pesos) : Le taxi viendra vous chercher directement à votre casa le lendemain matin et vous y ramènera le soir.

Pour le reste des balades, des meilleurs points de vues, vos hôtes se feront un plaisir de vous les indiquer, rappelez-vous que pour les touristes, tout est simple et les cubains seront toujours la pour vous aider, vous orienter, voire même, vous emmener.

Où dormir ?

Casa Maria-Luisa. Très beau jardin, spacieux, bien situé et cuisine au top.

Après cette dernière étape de rêve, retour à la Havane pour profiter des derniers jours sur l’île avant de reprendre l’avion.

​Et vous, qu’attendez-vous pour réserver votre séjour ici?

Infos pratiques :

* Vol Paris- La Havane : de 500 à 900 euros selon la saison.

* Période idéale pour partir : de novembre à mai, pendant la saison sèche.

* Vous aurez besoin d’une carte de tourisme pour y séjourner, 27 euros, rendez-vous sur : www.novelacuba.com pour la commander.

* Le changement de monnaie ne peut pas se faire dans un autre pays que Cuba. Vous trouverez un bureau de change à la sortie de l’aéroport de la Havane, à droite.

* 1 euros = 1,23 pesos (cuc)
*Salaire moyen environ 15cuc/mois
*500g de pain coutent environ 0,4 cuc (soit 75% de moins qu’en France)

* Si vous souhaitez un accès internet sur l’île, il faudra vous procurer une carte à code, et vous rendre dans les quelques établissements de la ville qui ont une connexion.

 

Rédaction : Julie Baker

Correction : Françoise Déoune